Un souvenir de Vahid Bani Amrian, prisonnier politique condamné à mort
Vahid Bani Amrian, prisonnier politique condamné à mort avec cinq autres détenus, est un témoignage vivant de la manière dont la justice des bourreaux condamne à l’exécution des individus d’une si grande humanité et bravoure.
C’était en 2011, lors de mon premier semestre de licence. Pendant la période des examens de fin de semestre, la qualité des repas universitaires avait tellement baissé qu’on mangeait seulement par nécessité, pour survivre. Un jour, nous avons décidé de protester. Nous avons aligné nos plateaux repas les uns après les autres, formant une file jusqu’à l’entrée du réfectoire.
À ce moment-là, Abbasie, le directeur de la sécurité universitaire, avec son allure effrayante, est arrivé. Il était si redoutable que, bien que j’aie oublié le nom du président de l’université, son nom et son image me restent encore en mémoire. Avec son arrivée, beaucoup d’étudiants, effrayés par un simple froncement de sourcils, ont repris leurs plateaux et sont retournés à leurs tables, ou sont partis sans rien dire. Mais au milieu de ce silence pesant, quelqu’un n’a pas pu rester passif.
Vahid Bani Amrian, étudiant de première année, s’est avancé courageusement. Sachant qu’il avait le droit de protester, il s’est dressé face à Abbasie et a élevé la voix. Cela m’a surpris, car Vahid venait d’une petite ville, comme beaucoup d’entre nous qui venions tout juste de quitter nos provinces pour Téhéran. Nous attendions que les étudiants plus âgés prennent les devants, mais personne ne l’a fait.
Vahid, cependant, connaissait ses droits et savait qu’il ne devait pas se taire. Quel dommage que des gens comme Wahid soient si rares. Si seulement ils pouvaient se multiplier…
Vahid était un homme noble, intelligent, courtois et extrêmement aimable. Dès son premier semestre, grâce à son travail acharné et à son talent exceptionnel, il a décroché la première place parmi les étudiants en génie électrique de la promotion 2011. Il brillait, non seulement par son savoir et son intelligence, mais aussi par ses qualités humaines admirables.
La vie est un droit fondamental pour Vahid, un droit qu’aucun pouvoir ni aucun jugement ne peut lui ôter. Mais la République islamique, avec une condamnation qui ressemble à un cauchemar venu des profondeurs de l’histoire, ne fait que montrer sa faiblesse, sa bassesse et sa honte.
Agissons pour empêcher l’exécution de ce jeune homme courageux et noble. Soyons sa voix.

