En Iran, la crise économique pousse de plus en plus de femmes à vendre leurs cheveux. Ce geste, autrefois personnel ou esthétique, est devenu une stratégie de survie dans un contexte d’extrême précarité. Sous les apparences d’un marché de la beauté en pleine expansion se cache une réalité bien plus sombre : les femmes échangent une partie d’elles-mêmes contre un peu de répit financier.

Dans les rues de Téhéran, les annonces d’achat de cheveux apparaissent partout – vitrines, panneaux, réseaux sociaux – et les transactions se font souvent en dehors de tout cadre légal. Des courtiers, souvent liés à des salons de beauté, ciblent des femmes jeunes, parfois même mineures, offrant plus pour des mèches longues, épaisses et « vierges ». Les prix varient considérablement selon la qualité et l’âge de la vendeuse.

Ce commerce prospère dans l’ombre d’un État incapable – ou peu soucieux – de répondre à la misère croissante. L’inflation, le chômage et les sanctions ont frappé durement, notamment les familles dirigées par des femmes. Pour beaucoup, vendre leurs cheveux est devenu un ultime recours, une forme d’autosacrifice dans une société qui offre peu d’alternatives.

Malgré la popularité croissante des extensions naturelles, notamment dans les quartiers aisés, ce marché demeure inégal et profondément injuste. Les femmes qui y participent ne le font pas par choix, mais par nécessité.

Dans une société conservatrice, ces ventes restent taboues. Beaucoup dissimulent leur acte derrière des excuses esthétiques. Mais derrière chaque mèche coupée, il y a une histoire de survie, de lutte et de silence imposé. Le régime, plus prompt à contrôler qu’à protéger, continue de détourner le regard, laissant les femmes payer le prix d’une économie en ruine.