Pauvreté et cherté : la lame sur la gorge de la joie
L’Iran sans sourire !
Alors que les coupures d’électricité se prolongent, ruinant les moyens de subsistance de la population, et que les cris de protestation et de détresse s’élèvent de toutes parts, que ressentez-vous en lisant cette phrase ?
« La Charte du bonheur et du bien-être social a été rédigée. »
(Journal Arman-e Emrooz, 20 mai 2025, selon le conseiller ministériel et secrétaire du Conseil national de la culture publique)
Cette phrase absurde montre une fois de plus que le régime clérical légifère sur l’utopie, tandis qu’il applique dans la réalité la misère, la censure, les coupures d’électricité et la douleur.
Ces derniers jours, suite au crime atroce de Bandar Abbas et aux coupures électriques incessantes, l’Iran crie sa peine depuis six directions : un voile de tristesse et d’angoisse couvre les visages.
Aujourd’hui, l’Iran ne souffre pas seulement économiquement et politiquement, il est englouti dans une crise de joie.
L’aveu d’une structure hostile au bonheur
Même les membres du Parlement rétrograde — pourtant triés sur le volet par le Conseil des gardiens et le Guide suprême — admettent désormais l’absence de conditions minimales pour une gouvernance effective :
« Pourquoi nos plans de développement échouent-ils ? La réponse est claire : les exigences fondamentales pour une gouvernance efficace et un progrès durable n’existent toujours pas dans notre pays. »
À propos de cette fameuse “Charte du bonheur”, même les médias officiels ironisent :
« Cette charte rendra-t-elle vraiment les gens heureux ? Le manque de joie et la tristesse chronique de la société iranienne, l’une des plus déprimées du monde, sont-ils des mystères ? Faut-il désormais que les sourires soient régis par articles et clauses ? »
Ils rappellent également d’autres documents de ce genre, qui n’ont jamais dépassé le stade du classeur poussiéreux :
« La Vision 2025 de la République islamique a échoué dans la majorité de ses objectifs économiques, sociaux et scientifiques. La Charte nationale de la femme et de la famille, quant à elle, n’a jamais été sérieusement mise en œuvre à cause de divergences politiques et idéologiques. »
Un poignard sur la gorge de la joie
Selon ce même média officiel, le rapport mondial sur le bonheur 2024 classe l’Iran au 101e rang sur 137 pays.
Ce chiffre n’est pas seulement une statistique, c’est l’acte d’accusation d’un régime qui n’a su garantir le minimum de qualité de vie.
Le bonheur a besoin d’un minimum de bien-être, de liberté, d’espoir et de sécurité. Mais en Iran, la pauvreté, le chômage, l’inflation galopante, la fuite des cerveaux, les crises environnementales et l’insécurité généralisée étouffent tout élan de joie.
Dans un pays où le peuple s’inquiète pour l’eau, l’électricité et l’air, le Guide suprême et sa cour de fidèles n’ont laissé aucune place au loisir ni à la paix intérieure.
Un régime qui impose un mode de vie, surveille l’expression des sentiments et réprime toute forme de rassemblement joyeux, ne peut qu’être classé parmi les pays les plus malheureux du monde.
Lueur d’espoir dans les ténèbres
Malgré l’atmosphère oppressante et les politiques sinistres du régime, le peuple iranien n’a pas renoncé à la joie.
Face aux discours absurdes comme celui du conseiller ministériel, les Iraniens transforment la joie en un acte de résistance — par les soulèvements, les mobilisations sociales, et les expressions de liberté.
La majorité du peuple iranien cherche la joie véritable — historique et nationale — dans la fin du régime, la chute de la tyrannie, de la corruption et de l’injustice.
Ils aspirent à un avenir où justice, liberté, égalité et prospérité seront une réalité vécue, et non un slogan bureaucratique.
