Dans une interview passionnante accordée à la chaine d’opposition iranienne Simay Azadi TV, Javaid Rehman, rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en Iran, a souligné le besoin urgent de justice concernant les crimes contre l’humanité et le génocide commis en Iran en 1988.
M. Rehman a souligné la gravité de ces atrocités et a demandé la mise en place d’un mécanisme d’enquête international pour faire face à ces abus généralisés : « Entre juillet et septembre 1988, des milliers de prisonniers politiques ont été assassinés et exterminés. Il s’agissait d’exécutions sommaires, arbitraires et extrajudiciaires dans les prisons de tout l’Iran », a déclaré M. Rehman.
Il a également expliqué la nature permanente de ces violations, y compris les disparitions forcées, qui laissent les familles dans une incertitude perpétuelle quant au sort de leurs proches. « Des milliers de personnes et leurs familles ne savent toujours pas ce qu’il est advenu de leurs proches », a-t-il noté.
L’appel à l’action de M. Rehman s’étend à la communauté internationale, exhortant les États membres des Nations unies, la société civile et les autres parties prenantes à prendre conscience de la situation et à œuvrer en faveur de l’obligation de rendre des comptes. Il a qualifié ces crimes graves de crimes contre l’humanité et de génocide, soulignant la nécessité de traduire les auteurs devant des tribunaux. « La justice doit suivre son cours et les responsables doivent rendre des comptes pour mettre fin à l’impunité dont jouissent ces personnes », a-t-il affirmé.

Effacer les preuves
M. Rehman a expliqué en détail comment les massacres étaient menés clandestinement, les victimes étant enterrées dans des fosses communes que le régime a tenté de détruire pour effacer les preuves. « Le régime n’a fourni aucune explication. Au fil du temps, nous avons pris conscience de la gravité de la situation, notamment grâce à la découverte de fosses communes », a expliqué M. Rehman.
La question des disparitions forcées demeure une préoccupation majeure, car les familles continuent de souffrir sans obtenir de réponses. M. Rehman a appelé la communauté internationale à s’attaquer à ces violations, en particulier aux atrocités commises dans les années 1980. Il a exprimé l’espoir que le Conseil des droits de l’homme des Nations unies mette en place un mécanisme permettant de préserver toutes les preuves disponibles en vue de futures procédures judiciaires.